Thèmes des conférences

Avec ce huitième séminaire, nous poursuivons notre partage d’expériences sur les évolutions du monde médical et hospitalier et de leurs impacts sur le Système d’Information Hospitalier (SIH). Nous nous intéressons cette année à l’impact des technologies sur l’homme à travers la notion de santé augmentée.

Sans céder à l’effet de mode du transhumanisme qui prône un humain 2.0 digne produit dérivé de « l’Homme qui valait trois milliards » dont les capacités mentales et physiques seront démultipliées grâce au progrès technologique ; nous avons décidé de nous questionner sur une médecine contemporaine qui se propose de réparer voire d’« augmenter » l’être humain ! Cette médecine plus technologique, se trouve-t-elle encore dans sa fonction soignante et le mouvement de médicalisation tout au long de la vie contribue-il encore à l’humanisation et au bien-être social ?

En nous focalisant sur les trajets de soins augmentés et donc sur l’augmentation en termes d’outils et pas de finalité nous n’en n’avons pas moins décidé de nous lancer dans l’ambitieux pari de jeter un triple regard sur ce concept plus proche du néologisme que de « l’assurance vieillesse ». Tout d’abord le regard du sens posé par le philosophe qui décortique pour nous le concept, le passe sous les fourches Gaudines de l’analyse critique et de sa mise en contexte. Dans un second temps, celui du technologue qui nous projette un horizon technique fait de promesses virtuelles et de réalités fantasmées. Enfin, celui du médecin, catalyseur involontaire de ces innovations à portée thérapeutiques.

Comme le souligne Éric Sebban « Après l’étape de la miniaturisation viendra celle de la disparition progressive des devices médicaux, qui seront de plus en plus intégrés au corps, ingérés ou greffés et gérés par des plateformes ». Le catalogue de technologies prometteuses est long, en constante évolution au sein d’un écosystème e-santé qui en est encore au stade de la définition. Il intègre le décodage du génome, la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle, les technologies mobiles et embarquées du monde de l’internet des objets et devient le liant d’un réseau de soins se substituant peu ou prou à une réalité hospitalière en pleine révolution. Dans le sillon de ces innovations sont produites des données en quantités totalement inédites, à distance et d’une qualité encore jamais atteintes productrices de sens. En passant d’un stade réactif à un stade proactif, la médecine devient prédictive et adresse la santé plutôt que la maladie tout en ouvrant le champ complexe de l’aide à la décision médicale. Les données ainsi produites doivent être exploitées. C’est l’interopérabilité des données qui doit être envisagée. Les entrepôts traditionnels de données, le « data mining » qui produisent des analyses déductives voient apparaître de nouveaux usages médicaux popularisé par le devenu célèbre Dr. Watson, un programme informatique d'intelligence artificielle conçu par IBM dans le but de répondre à des questions formulées en langue naturelle.

Les Ateliers

L’atelier "Dispositifs augmentés" consacré à la mise en œuvre de techniques innovantes nous ouvre les portes d’un monde nouveau, celui des technologies portées, embarquées ou reconstructives. Il présentera également des innovations à l’état de projets et de produits et la manière dont elles sont mises en œuvre dans les hôpitaux.


L’atelier "Aide à la décision médicale" s’intéressera à la manière dont la technologie peut permettre l’exploitation des données médicales produites de manière structurée ou non par le monde de la santé. Il nous ouvrira le monde de la médecine prédictive et ses nombreuses applications dans le domaine thérapeutique.


L’atelier "Trajets de soins augmentés" consacré à l’évolution la pratique médicale nous plongera au sein des nouvelles technologies médicales et de la manière dont ces outils parfois disruptifs peuvent être mis en œuvre dans le contexte de la revalidation, de l’accompagnement thérapeutique ou de la simulation de santé.


Comité Scientifique
Sous la Présidence du Prof. Philippe Kolh